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6月11日

Les gorges profondes du Verdon

C'était un dimanche matin, comme Pearl Harbour, déjà, ça part mal...
 
5h50 du mat, mon réveil sonne, ça part franchement mal là!
Connaissant la... douceur de mon réveil, il ne fait aucun doute qu'il fait bien son boulot, mais parfois j'aimerais qu'il le fasse un peu plus calmement...
 
6h du mat, un dimanche matin : Ju t'es vraiment débile (c'est le genre de phrase que je me suis répété toute la journée)
Donc le Juju se lève, de là à dire que je suis opérationnel... la seule chose que je trouve opérationnelle ce matin, c'est mon mode radar (et peut-être le mode dodo qui supplie pour être activé).
Enfin bon, faut se magner, à 6h30 je lève le camp. Et donc le sergent chef apparaît à 6h..... alors alors ?!! 6h26!
Hé oué!
 
Von, n'empêffe que ve frends quand même le temps de me lafer les dents (ça se foit hein ?!!)
C'est jamais facile de parler avec une brosse à dent dans la bouche (no comment svp, j'ai dit brosse à dent, et je sais pas ce que ça fait avec autre chose ok !)
 
Woaaa, le sergent chef Julien, dit Inox, a eu une promotion, il a changé de voiture. Maintenant c'est colonel Julien (c'est pas ma guerre).
 
Enfin, nous voilà parti, direction Mandelieu, où on arrive vers 7h chez John.
Woaaa, lui aussi a eu une promotion, mais une sacré promotion vu la voiture. Maintenant lui, ça doit être général (n'empêche, c'est toujours pas ma guerre)
 
Sur la route, nous passons par un de mes endroits préférés... Oui, la route Napoléon recèle d'innombrables secrets, notamment entre St vallier et Grasse. La gorge se serre, les pensées s'assombrissent, la mine joviale disparaît. Petit moment de silence, de doute, d'appréhension, comme à chaque fois désormais... c'est con, j'adorais cette route...
 
Nous croisons aussi villaute et sa fameuse station
Direction le pont de l'artuby, où nous avons le plaisir de rejoindre Philippe, Philippe aussi, et pas Philippe toujours, mais Vincent. Nous sommes également rejoint par la suite par Adrien et Anthony.
 
Nous avons tout le temps d'admirer le pont : Woaaa il est grand le pont (oui donc aussi Woaaa ça doit être haut...)
Penchons donc la tête, Woaaa c'est vraiment haut finalement. C'est sur, 180 mètres, c'est haut...
 
Et là, ça y est l'élastique est en place. D'un bout de pont, je m'adresse à John : "Faut vraiment être con".
Un gars de l'équipe saute, Ho la vache, il descend bas, Vous êtes sûrs que c'est une bonne idée ? Parce que là, de suite, moi je pense pas.
 
Et puis viens le tour de Philippe, Un saut exemplaire. Je le vois disparaître sous mes yeux, ça fait tout drôle.
Il a l'air d'avoir bien aimé... enfin, de là où je suis, 180 mètres plus bas, j'avoue avoir du mal à discerner l'expression sur son visage... en tout cas, il bouge encore, c'est plutôt bon signe
Puis tiens, tant qu'on y est, parlons en, il est tout petit, maintenant que j'ai une comparaison, je me trouve encore plus haut qu'avant...
Et puis il y a aussi le détail troublant, avez vous déjà vu une hirondelle du dessus ? Non ? Ben maintenant moi oui, il m'a fallu 20 ans quand même, et j'avoue que c'est beau, mais une hirondelle c'est toujours en train de voler, ce qui veut dire que quand vous la voyez du dessus, vous êtes vraiment haut... C'est la tout le problème finalement : Elles ont beau faire le printemps, tant qu'on est en dessous, ça ne dérange pas.
 
 
Bien, voilà le tour du 2° Philippe, Joli saut, décidemment, malgré l'ambiance... disons plutôt tendue, il faut avouer qu'ils mettent en confiance.
 
Le tour de Vincent. Alors Vincent, là franchement, parce que Môssieur a le vertige, c'est pas ce qui l'empêche de se faire le plus grand saut à l'élastique d'Europe, alors moi je dis "Chapeau bas" franchement.
Mais quand même, lors de son saut, je réalise qu'il y a un hic. Vous inquiétez pas, il a pas sauté sans l'élastique. Non le hic vient de moi, oui, en effet je réalise que le prochain, c'est moi... Et là, la pression monte d'un coup.
L'équipe qui encadre : "T'as peur Julien ?"
Moi, sincère : "Non"
L'équipe qui encadre : "Ca va venir"
Moi (merci les gars) : "Oui, une fois sur la ballustrade c'est sûr..."
 
Bien, l'élastique est remonté, faut que je me concentre, Ju, ne fais pas comme d'hab, pour une fois fait une chose sans réfléchir.
Sylvie me met le harnais, il suffit de plonger dans ses yeux pour se calmer
Elle me parle, en fait, elle me donne des instructions, je mets un moment à le comprendre, mais la marche (roh le mauvais jeu de mot) à suivre est assez facile : A 3, tu sautes, et tu touches à rien...
Elle finit de me mettre le harnais. Bon ben il va falloir y aller là...
Un petit escabot (4 marches) va me mener sur la ballustrade.
"4 marches ?!! C'est rien 4 marches ! "
Oué bien sûr, mais au dessus de 180 mètres de vide (on va pas chipoter pour les 2 suplémentaires) c'est tout de suite beaucoup plus.
 
Sylvie : "Prends ma main"
Moi (avec plaisir, me lache pas !!!)
1 marche,
2 marche,
3 marche,
4 marche,
Sylvie : "Regarde devant toi"
Moi (ok, ça c'est facile)
Ballustrade.
Là, je regarde pas en bas, mais c'est tout comme, je sens le vide sous moi, il a jamais été aussi intense.
Je vais pas me la raconter, et vous dire que c'est rien, c'est trop facile, il y a que les lopettes qui y arrivent pas.
Non, c'est horrible, on a les jambes en cotton, on baisse surtout pas les yeux, on regarde en face, il y a un superbe paysage, mais vous êtes incapable de le contempler, tout ce qui vous vient à l'esprit, c'est le vide juste en dessous, et vous entendez une voix lointaine qui compte. Elle compte ? Pourquoi elle compte ?
*Souvenir : A 3, tu sautes*
Sylvie : "3"
Et vous sautez, vous avez pas eu le temps de réflcéchir (heureusement, sinon vous ne sautez pas)
Tout ce que vous vous dites en regardant en face c'est "Faut vraiment être débile!"
Et vous vous sentez tomber, vous êtes mal, tomber de cette hauteur, c'est la mort assurée.
"Faut vraiment être débile!"
Vous vous le redites encore une fois pour la forme, "Faut vraiment être débile!"
Et vous regardez enfin en bas, "Putain, c'est haut !"
Ca descend, ça descend beaucoup, et puis le sol est loin...
C'est la chute libre, c'est bien, c'est le bonheur, c'est appeurant, mais tellement... bon
Vous êtes heureux.
Clac, l'élastique se tend, vous ralentissez peu à peu, ça y est, vitesse nulle.
Pas pour longtemps, vous repartez vers le haut à fond de blinde, vous admirez, vous ressentez à fond ce qui vous entoure, l'élastique a pas laché YES !
Et d'un coup c'est l'appesenteur, plus rien ne vous tiens, vous flottez, "Je vole", c'est rare !
 
Ca dure un bon moment, ces aller-retours entre la terre et sa gravité d'un côté, et les hirondelles qui vous attirent vers elle dans leur danse envoûtante.
Atterissage en douceur, du calme, il faut se remettre des émotions.
Allons rejoindre les Philippe et Vincent qui nous attendent.
 
C'est le tour d'Adrien, il vit son saut à fond, bat des ailes lors de l'appesanteur, s'éclate. Visiblement, c'est le même bonheur que moi. C'est la 1° fois que je le remarque, on entend rien en haut. En bas, on entend tout. Pour les autres, ça devaient être aussi formidable.
 
Anthony monte sur le parapet, et regarde en bas... il a commis l'erreur, il ne pourra plus sauter...
 
C'est l'heure de remonter. C'est franchement long la remontée... 30 min d'après l'équipe... peut être, franchement, j'en sais rien, mais en tout cas c'est long, et périlleux en plus. En fait, c'est pas une remontée, c'est une escalade...
Enfin... c'est fini. Un certain moment après, (30 min en théorie) nous revoilà sur le pont, Ju, John et Anthony sirotent une bière.
Tilt j'ai pas encore bu depuis ce matin
Enfin, Ju John et moi allons se faire un petit pique nique pas trop loin, et puis surtout, une bonne petite sieste, mais chaque bon moment a une fin, toujours plus proche que souhaitée, il faut rentrer.
 
Bon c'est sur, il y a des blagues racontées à l'aller sur les nains ou sur les chevaux qui sont bonnes, mais le retour est plus... calme dirons-nous.
 
Je vois un paysage qui se dessine devant mes yeux, des arbres à perte de vue, une sérénité incroyable, un moment de paix. Ca faisait longtemps, il est le bienvenu.
 
Et puis une boîte orange sur le bord de la route, une cabine SOS en fait , c'est vrai je dois l'avouer, je fais gaffe à ce genre de détails, et alors ?!! Ma caisse m'a jamais trahi !
J'en vois une 2°, .... ça devient une obsession ???
En fait, j'en vois 7...
 
De nouveau St vallier, de nouveau un moment de doute, de nouveau Grasse, de nouveau Mandelieu, de nouveau Cannes, il y a pas à dire, c'est vraiment un voyage de retour
 
Merci Ju

评论 (4)

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Alex 发表:
T'as du te faire bien peur quand même ^^
 
GG pour ce saut, fallait oser :)
6 月 18 日
mon 2ème fils est aussi barjo que le 1er.Je sais pas si c'est moi qui les ai fait.
Bref, je suis fière de toi, surtout parce que tu es revenu intact à la maison.
mais ne te prends trop souvent pour une hirondelle,surtout que c'est pas tous les jours le printemps.
6 月 16 日
Tremens发表:
Une hirondelle vue du dessus mon Tof ca fait pas grand chose, c'est le même calibre que vue d'en dessous...
Ca a un petit corps blanc, entouré de noir, tu me diras, ça n'a rien d'extraordinaire.
Je te le concède, mais ce qu'il faut noter, c'est leur aisance dans les airs.
Elles se jouent de toi, dansent autour, un vrai ballet, c'est... envoûtant
Magnifique
;)
6 月 12 日
Tof发表:
Euh, ça ressemble à quoi une hirondelle vue de dessus ?
6 月 12 日

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